La croisière connaît en France une dynamique sans précédent : les demandes ont progressé de 14 % en 2025, portant l’indice de demande à 466 par rapport à une base 100 en 2023. Dans ce contexte d’essor général, le segment haut de gamme se réinvente en profondeur, avec des navires plus intimes, des itinéraires plus audacieux et des standards qui s’alignent sur les meilleures adresses hôtelières.
Des profils de voyageurs très différents, des attentes très précises
Le couple reste le profil dominant des croisiéristes français (40 % des demandes), suivi de près par les familles avec enfants (34 %). Mais c’est le voyageur solo qui progresse le plus vite, représentant désormais près d’un demandeur sur cinq. Chaque profil a ses terrains de prédilection : les familles plébiscitent les fjords norvégiens et la Sardaigne, les couples s’orientent vers le Transatlantique ou le Danube, tandis que les solos affichent une vraie appétence pour les Caraïbes.
A lire aussi : Avis Iris Vacance en 2026 : ce que les familles en disent vraiment
Le luxe en mer change de visage
Le haut de gamme maritime ne mise plus sur la démesure. La tendance 2026, résumée par un principe simple : moins d’escales, davantage d’expériences. Four Seasons Yachts a lancé son premier navire en 2025, avec des suites atteignant 927 m² sur quatre niveaux. Accor, avec l’appui de LVMH, prépare deux voiliers hybrides sous la bannière Orient-Express pour 2026 et 2027, chacun limité à 53 suites, construits aux Chantiers de l’Atlantique. Explora Journeys, filiale haut de gamme de MSC, a accueilli son deuxième navire en août 2024. Le fluvial suit le même mouvement : suites avec balcon, gastronomie locavore, excursions culturelles ou bien-être.
Côté tarifs, le segment premium (1 500 € et plus par personne) représente 13 % des demandes. Les croisières de luxe en Antarctique culminent à 5 820 € en moyenne, celles en Arctique à 4 650 €. Le prix moyen par jour a d’ailleurs bondi de 84 € à 115 € en un an, reflet d’une montée en gamme générale de l’offre.
A lire aussi : Costa Croisières en 2026 : ce qui change pour les voyageurs français
Durabilité : des engagements concrets, des limites réelles
En juin 2025, à l’occasion de la conférence des Nations Unies sur l’Océan à Nice, la France et Monaco ont signé la Charte croisière durable Méditerranée 2025, avec vingt engagements applicables dès janvier 2026 : raccordement électrique à quai, réduction des rejets en mer, limitation du bruit, planification des escales pour éviter le surtourisme. À l’échelle européenne, le système ETS impose aux compagnies d’acheter des quotas carbone : 70 % de leurs émissions 2025 devront être compensées en 2026, puis 100 % à partir de 2027.
Ces avancées réelles s’accompagnent de nuances. Le GNL, carburant de transition dominant dans les nouvelles constructions, émet du méthane dont l’impact climatique dépasse celui du CO₂. La charte ne plafonne pas non plus la taille des navires. La croisière de luxe progresse vers plus de responsabilité, mais le chemin reste long.

