
La Martinique, toute la Caraïbe, était un point blanc sur ma carte. Cela a maintenant changé. Il est désormais facile de rejoindre le département français d’outre-mer des Petites Antilles. Il y a des vols directs avec Condor depuis Munich. Une raison suffisante de vous plonger dans la beauté sauvage de cette île, de l’explorer, de me laisser dériver au bord de la mer et sur les marchés. Sur le vol de retour, j’ai rédigé une liste, tout cela pour des raisons pour lesquelles je reviendrais définitivement. C’était trop long. Honnêtement, pour le gâteau à la noix de coco seul, je pourrais remonter dans l’avion tout de suite. Par conséquent, seules les raisons les plus importantes. Et bien sûr, mes conseils très personnels.
1. Rhum agricole, fierté de l’île
Impossible d’entamer ce récit sans parler du rhum. Pas n’importe lequel : le fameux « rhum agricole ». Ce nectar représente à peine 3 % de la production mondiale et, en Martinique, il est élaboré à partir de jus de canne à sucre fraîchement pressé. Un détail ? Plutôt une signature : les dix distilleries en activité ici sont les seules au monde à bénéficier de l’appellation « A.O.C », habituellement réservée aux grands crus français. Voilà ce qui rend le rhum martiniquais unique. Il faut au moins visiter l’une de ces distilleries, ces habitations typiques. Lors de ma découverte de l’Habitation Clément, j’ai passé trop de temps devant la presse à canne, fasciné, jusqu’à me retrouver seul, perdu dans le parfum sucré et épicé du jus frais. Ce silence, cette odeur subtile, sont restés gravés dans mon esprit.
Et bien sûr, le rhum se décline aussi en cocktail. Ici, le Ti Punch règne en maître. Mélangez sirop de canne, rhum blanc ou vieux, un trait de citron vert : le tour est joué. J’ai eu la chance d’assister à la Ti Punch Cup internationale, où les meilleurs barmen rivalisent d’inventivité (à découvrir dans ce reportage).
Voici la recette du finaliste allemand Florian Springer, du bar à Hambourg, qui m’a particulièrement marqué :
45 ml de rhum blanc Clément Agricole (50%), 15 ml de jus de citron vert, 10 ml de sirop de canne, 10 ml Sheibel Finesse Framboise, une pincée de sel, quelques framboises fraîches.
Mélangez le tout avec quelques glaçons dans un shaker, filtrez, décorez avec une framboise. Un vrai plaisir.
2. Plages contrastées, mer omniprésente
Ici, la Martinique joue la carte de la diversité : plages de sable blanc au sud, plages volcaniques noires au nord, héritage du Mont Pelée qui veille sur l’île. Ces deux visages valent le détour. Au sud, l’ambiance carte postale : palmiers, lagon turquoise, îlets en toile de fond. Au nord, le contraste saisissant du sable sombre, comme à la Plage du Coin, face à la mer couleur émeraude et aux barques de pêcheurs. Les plages s’étendent, variées, sans jamais donner l’impression d’être bondées. Il arrive même de profiter d’un coin de paradis rien que pour soi.
3. Faune, flore… et un air de Jurassic World
La nature martiniquaise ne fait pas dans la demi-mesure. En prenant la route vers le nord, on longe des fougères géantes, des lianes, des bambous, sans oublier la profusion de fleurs qui ont valu à l’île son surnom d’« île aux fleurs ». À certains endroits, le décor semble figé hors du temps, comme si la jungle pouvait s’ouvrir à tout moment sur un dinosaure en goguette. Pour s’en prendre plein les yeux, cap sur le Jardin Balata, un jardin botanique où s’élancent des colibris au milieu de la végétation luxuriante.
4. Se baigner en pleine jungle
Quitter la route principale, s’enfoncer sur un chemin de terre et soudain, découvrir une cascade cachée, idéale pour une baignade sauvage. Quelques rochers à franchir, et la fraîcheur de l’eau s’offre à vous. Ce genre d’expérience, la Martinique en regorge. Et pour les amateurs de randonnée, l’île propose plus de 250 km de sentiers balisés à travers la forêt tropicale.
5. Prendre la route, version créole
Parcourir l’île en voiture, c’est un voyage en soi. Routes escarpées, virages à flanc de montagne, végétation dévorante… Pas besoin d’être pilote. Si, comme moi, vous montez les côtes en première, personne ne viendra vous presser. Ici, la priorité, c’est la détente. Les Martiniquais prennent leur temps, dépassent quand c’est possible, mais sans jamais klaxonner à tort et à travers. Avancez à votre rythme : c’est la meilleure façon de savourer le paysage.
6. Ici, le temps s’étire et les sourires sont sincères
Vous croisez un chauffeur de taxi qui parle plusieurs langues ? Rien d’inhabituel en Martinique. Le niveau d’éducation est élevé, mais c’est surtout l’accueil qui frappe : gestes chaleureux, sourires spontanés, sans arrière-pensée commerciale. Même sur le marché animé de Fort-de-France, les échanges restent vrais.
Parfois, on assiste à des improvisations musicales, ou à des échanges joyeux. Pour vivre une expérience authentique, poussez la porte du restaurant Le Petitbonum, où Guy Ferdinand partage son savoir sur la cuisine et le rhum avec une passion communicative.
Impossible de passer à côté d’une dégustation de rhum orchestrée par Guy Ferdinand.
Et pour une autre facette de la convivialité locale, rendez-vous au marché aux poissons.
7. Les mille saveurs de la cuisine créole
Dès la première soirée, j’ai testé un petit restaurant de plage. Samedi soir, zéro réservation, mais aucun souci. À peine débarqué, je goûtais déjà la fameuse sauce Chien avec du poisson frais (la recette est à découvrir ici).
La cuisine locale s’appuie sur les épices, avec des influences indiennes et africaines. Les associations sont parfois inattendues : fruits de la passion au beurre pour accompagner le poisson, ou lambi, le fameux escargot de mer, à tester absolument. Au restaurant Zandoli, j’ai dégusté un risotto aux crevettes d’une tendreté remarquable, et un thon frais accompagné d’haricots parfumés.
À l’hôtel Cap Est, j’ai même apprécié un oursin, moi qui d’habitude n’en raffole pas, mais dont la saveur fumée m’a bluffé.
Pour une immersion totale, attardez-vous dans les petits restaurants cachés derrière la halle du marché de Fort-de-France, véritables temples de la cuisine créole.
Le blanc-manger coco, une douceur incontournable.
Soupe créole à l’écrevisse, un classique revisité.
Pâtés salés antillais, petits gâteaux dorés et généreux.
Risotto coco et crevettes… presque terminé tant c’était bon !
Un homard qui fait rêver.
8. Marchés : le cœur battant de l’île
Pour trouver du poisson fraîchement pêché, il faut se lever tôt : le marché aux poissons de Fort-de-France s’anime dès l’aube. Installé au bord d’un canal, il permet d’acheter le poisson directement arrivé du port. Plus loin, les marchés regorgent de fruits, légumes, racines tropicales et épices. Les plus petits étals, à deux pas du marché aux poissons, offrent tout ce que la terre martiniquaise a de plus généreux. Goûtez aux piments locaux, doux ou redoutablement relevés, surnommés « bonnets de scotch ».
Ici, la banane a même droit à son musée.
Les poissons du marché, aussi colorés que les paysages alentours.
9. Gâteaux, tartelettes … et céramiques colorées
Impossible de résister à la tentation : pour les amateurs de vaisselle et d’artisanat, direction le Village de la Poterie aux Trois-Îlets. Le matin, vers 10h, le Café Coup de Cœur propose une vitrine de douceurs alléchantes. L’attente devant le comptoir vaut le coup : quiches, petits fours, tartelettes, gâteaux… tout est fait maison. J’ai craqué pour une quiche brocoli-rhum, une tartelette aux pommes parfumée au safran, et un éclair à tomber. Le tout à déguster sur la terrasse, face aux stands des potiers. Et repartir avec un bol coloré (comptez environ 15 € pour un grand modèle), c’est s’offrir un bout de Martinique à la maison.
10. Une offre hôtelière variée
Que vous rêviez d’un séjour grand luxe ou d’une chambre simple avec vue, l’île répond à toutes les envies. Entre hôtel de charme colonial où l’on sirote un Ti Punch au soleil couchant et spa raffiné à La Suite Villa, il y a l’embarras du choix.
Quelques jours au Cap Est, unique hôtel 5 * de la Martinique, c’est s’offrir une parenthèse chic : suites avec piscine privée, bar et restaurant remarquables. Et la possibilité de passer la journée à lézarder sur la plage, sans culpabiliser de ne rien faire d’autre que regarder la mer.
De gauche à droite : Cap Est, plage du Cap Est, Le Bambou, Le Panoramic.
11. Le vent, discret allié du voyageur
Sur l’île, le vent souffle sans relâche. Il fait danser les palmiers, tempère la chaleur, réjouit les surfeurs et berce les nuits. Grâce à lui, les moustiques se font rares. Ici, pas de tempêtes dévastatrices comme plus au nord : la Martinique, protégée, offre un climat doux toute l’année. Les montagnes du nord retiennent l’humidité, le reste de l’île profite d’un temps agréable : une invitation permanente à la détente.
Adresses à retenir
Pour séjourner :
- Hôtel Le Panoramic (indépendant), Anse à l’Ane, 9729 TROIS-ILETS, 15 rue du Dauphin, MARTINIQUE, www.lepanoramic.fr
- Cap Est Resort & Spa (expérience haut de gamme), La Prairie, Le François 97240, martinique, www.capest.com
- Hotel Bambou (bord de mer, bon rapport qualité-prix), Anse Mitan, Trois-Îlets 97229, Martinique, www.hotelbambou.fr
- Suites & Villas (pour ceux qui aiment l’originalité), Route du Fort d’Alet, Anse Mitan 97229 TROIS-ILETS, MARTINIQUE, la-suite-villa.com/suites-villa
Pour se régaler :
- Le Zandoli (raffinement et créativité), la-suite-villa.com/restaurant/
- Le Petitbonum (fruits de mer inoubliables), www.facebook.com/lepetibonum
- Le Coup de Cœur (pâtisseries redoutables), www.poterie-village.fr/boutiques-et-services/ocoup-d-coeur
- Pignon Nouvelle Vague (cuisine créole et poissons), www.pignonnouvellevague.com
Ce séjour a bénéficié du soutien de Martinique Tourisme. Merci pour cette aventure. Les impressions et l’enthousiasme partagés ici n’appartiennent qu’à moi.
Un jour, peut-être, vous aussi vous vous surprendrez à guetter le souffle du vent sous un cocotier, le regard perdu entre mer et volcan, le sourire d’un martiniquais en prime. Qui sait, la Martinique pourrait bien, elle aussi, graver sa marque sur votre carte personnelle du monde.
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