Relier le Louvre à Montmartre à pied, c’est traverser une bonne partie de la rive droite en remontant vers le nord. La distance représente une grosse heure de marche directe, mais l’intérêt d’un itinéraire dans Paris à pied tient justement aux détours. Le parcours proposé ici privilégie les rues calmes, les passages couverts et les places où l’on peut s’arrêter sans avoir l’impression de perdre du temps.
Passages couverts entre Palais-Royal et Grands Boulevards
La plupart des itinéraires concurrents envoient le marcheur directement vers le nord par la rue Montmartre ou les grands axes. Commencer par les passages couverts du 2e arrondissement change complètement le rythme de la balade.
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Depuis la cour du Palais-Royal, on traverse le jardin jusqu’à la galerie de Montpensier. En sortant côté rue de Beaujolais, quelques minutes de marche mènent au passage des Panoramas, puis au passage Jouffroy et enfin au passage Verdeau. Ces trois galeries couvertes se succèdent presque en ligne droite.
Les passages couverts offrent un abri parfait les jours de pluie ou de forte chaleur. On y trouve des librairies anciennes, des boutiques de jouets en bois, des salons de thé discrets. Le sol carrelé, les verrières et l’éclairage tamisé donnent l’impression de marcher dans un Paris du XIXe siècle préservé du bruit automobile.
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Vous avez déjà remarqué que ces passages sont souvent vides en milieu de matinée ? C’est le meilleur créneau pour les traverser sans la foule du déjeuner.

Traversée du quartier Saint-Georges vers la Nouvelle Athènes
En sortant du passage Verdeau, on débouche rue du Faubourg-Montmartre. Plutôt que de continuer tout droit, bifurquer vers l’ouest par la rue de la Tour-des-Dames permet d’entrer dans le quartier de la Nouvelle Athènes, un secteur résidentiel du 9e arrondissement que la plupart des promeneurs ignorent.
La place Saint-Georges constitue un bon point de repère. Bordée d’immeubles à façades néo-Renaissance, elle reste paisible même en pleine saison touristique. Les terrasses de café y sont peu nombreuses mais agréables.
Pourquoi passer par la rue Fontaine
La rue Fontaine relie le bas du 9e au pied de la butte Montmartre. Elle longe des théâtres, des cabarets fermés en journée et quelques adresses de restauration fréquentées par les habitants du quartier. C’est une transition progressive entre le Paris haussmannien et le Paris villageois de Montmartre.
Le passage par cette rue évite la montée brutale par la rue Lepic ou la rue des Abbesses, où l’affluence peut ralentir la marche. Remonter par la rue Fontaine puis la rue Durantin offre une pente plus douce et des trottoirs plus dégagés.
Montée vers le Sacré-Coeur par le versant ouest
L’arrivée à Montmartre par le versant ouest change la perception du quartier. Au lieu de déboucher directement sur la place du Tertre et sa densité de portraitistes, on arrive par des rues résidentielles bordées de petits jardins.
- La rue Lepic dans sa partie haute, au-dessus du Moulin de la Galette, est nettement plus calme que le tronçon inférieur près du métro Blanche.
- L’avenue Junot, parallèle à la rue Lepic, aligne des maisons d’architectes et des hôtels particuliers Art déco rarement mentionnés dans les guides classiques.
- La place Marcel-Aymé, avec sa sculpture de l’homme traversant un mur (le Passe-Muraille), offre une halte originale avant la dernière montée.
Le versant ouest de Montmartre reste le moins fréquenté toute l’année. La différence d’affluence avec le parvis du Sacré-Coeur, distant de quelques centaines de mètres, est frappante.

Pauses et rythme sur un itinéraire à pied dans Paris
Marcher du Louvre à Montmartre sans se presser suppose d’intégrer des arrêts réels dans le parcours. Pas des pauses photo de trente secondes, mais des moments assis, un café bu lentement, un banc au soleil.
Trois arrêts qui valent le détour
- Le jardin du Palais-Royal en tout début de parcours, pour profiter des chaises métalliques disposées sous les arcades quand il fait chaud.
- La terrasse d’un café place Saint-Georges, à mi-chemin, idéale pour reposer les jambes avant d’attaquer la montée.
- Le square Suzanne-Buisson, sur le flanc de la butte, un petit jardin en pente avec des bancs ombragés et une fontaine.
Un détail pratique : les 1er, 2e et 9e arrondissements traversés par cet itinéraire font partie des secteurs où la ville de Paris a renforcé les usages piétons, avec des rues apaisées et des tronçons réservés, notamment le dimanche dans le cadre du dispositif Paris Respire.
Adapter le parcours selon la saison
En été, les passages couverts deviennent des refuges contre la chaleur. En hiver, ils protègent du vent qui s’engouffre dans les grands boulevards. La montée vers Montmartre, exposée nord-ouest, reste fraîche même par temps doux.
Le dimanche, la circulation réduite dans le centre transforme les premiers kilomètres du parcours en promenade quasi piétonne. C’est le jour le plus confortable pour tenter cet itinéraire avec des enfants ou des marcheurs occasionnels.
Ce que cet itinéraire à pied entre le Louvre et Montmartre ne couvre pas
Ce parcours laisse volontairement de côté les Grands Boulevards (bruyants et peu agréables à pied), le quartier Pigalle dans sa partie basse (intéressant le soir, moins en journée) et la montée par le funiculaire (rapide mais sans charme piéton).
L’ensemble du trajet représente une demi-journée confortable, pauses incluses. Partir en fin de matinée depuis le jardin des Tuileries et arriver sur la butte pour la fin d’après-midi laisse le temps de profiter de chaque étape sans consulter sa montre. Le meilleur repère pour savoir si le rythme est bon : arriver au pied de la butte en ayant encore envie de monter.

