Cette année, la République dominicaine n’a pas été épargnée. Attaquée sur tous les fronts, la destination favorite de milliers de touristes a vu sa réputation malmenée, la sécurité de ses plages et de ses hôtels remise en question. Plusieurs décès de visiteurs ont suffi à déclencher une vague médiatique puissante. Pourtant, les enquêtes menées localement, corroborées par le FBI, pointent vers des causes naturelles. Peu importe : les récits de familles éplorées se sont propagés sans filtre, alimentant la rumeur que les hôtels empoisonnaient leurs hôtes, parfois via de simples boissons au minibar. On a même évoqué des tueurs invisibles, des bactéries tapies dans l’ombre.
Un fait demeure : les touristes ne sont pas invincibles. Le cocktail de climat inconnu, de mets exotiques et d’alcool en quantité peut peser lourd, spécialement pour ceux qui débarquent déjà fragilisés par des soucis de santé. Ce qui ne fait pas la une, c’est la statistique : le Mexique ou le Costa Rica enregistrent chaque année bien plus de décès parmi les vacanciers. Alors, pourquoi la République dominicaine cristallise-t-elle autant d’inquiétudes ?
Évidemment, le risque zéro n’existe pas, et ce n’est pas propre à ce pays. Mais il faut remettre l’église au centre du village : les menaces qui guettent ici n’ont rien d’un polar sanglant ou d’une série noire à la une des faits divers. Les touristes, pour la plupart, fréquentent des zones sûres, voyagent en groupe et profitent de leurs journées. Mais alors, à quoi faut-il vraiment prêter attention ? Chaque année, l’assureur SOS International publie une carte recensant les principaux dangers, pays par pays.
Les risques sont différenciés en « risques médicaux », « sécurité de la police » et « sécurité routière ».
Sur cette carte, le risque sanitaire en République dominicaine se situe dans la moyenne. Les soins médicaux, notamment chez les spécialistes et les dentistes, sont régulièrement pointés du doigt pour leur qualité variable. À cela s’ajoute le danger potentiel d’une intoxication alimentaire ou liée aux boissons. Les maladies endémiques comme la dengue, la leptospirose ou le paludisme restent présentes, sans pour autant frapper massivement les voyageurs qui séjournent et mangent à l’hôtel. Le vrai point de vigilance concerne les frituras, ces échoppes ambulantes de cuisine rapide où la prudence s’impose : les infections parasitaires y sont plus fréquentes.
Le risque est très élevé dans la circulation routière.
La route, en revanche, c’est une autre histoire. Comme dans une grande partie de l’Amérique latine, les accidents de la circulation font des ravages. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la République dominicaine détient le triste record régional avec 25 morts pour 100 000 habitants, un niveau que seuls quelques pays africains dépassent. Pour illustrer l’ampleur du phénomène, il suffit de regarder les dernières 72 heures dans la région de Cibao, où 19 personnes ont perdu la vie sur la route.
Côté criminalité, la probabilité d’être victime d’un délit se situe là aussi dans la moyenne régionale selon SOS International. Des pays comme le Mexique, le Nicaragua, le Guatemala ou certaines zones de Colombie et du Venezuela affichent des risques bien plus élevés. À l’inverse, des destinations comme l’Équateur, le Chili, le Suriname, Cuba, le Costa Rica, le Panama, les États-Unis ou le Canada sont jugées plus sûres pour les voyageurs. Quant aux risques liés à des troubles politiques ou à des actes terroristes, ils restent modérés.
Voici les points de vigilance santé les plus courants pour les touristes :
- Infections de l’oreille et infections vaginales chez les femmes, souvent causées par des bactéries présentes dans les piscines
- Mycoses du pied, là aussi liées à la baignade
- Problèmes gastro-intestinaux fréquents, non pas à cause d’une hygiène défaillante, mais du choc provoqué par les préparations culinaires inhabituelles : plats très gras, cocktails acides à base d’ananas ou de fruits exotiques, glace pilée…
S’ajoute à cela le passage brutal d’un climat tempéré à une chaleur tropicale, qui bouscule les organismes. Et il reste courant d’oublier des gestes simples, comme la douche ou la désinfection après avoir barboté en piscine.
Le risque de crimes violents dépend du comportement personnel des voyageurs.
Rester vigilant, respecter quelques règles de bon sens : voilà ce qui fait toute la différence. Les touristes qui se fondent dans le paysage, évitent les comportements à risque et restent dans les zones fréquentées n’ont pratiquement rien à craindre. En 2018, plus de 7 millions de voyageurs ont posé leurs valises sur l’île, et les agressions visant des visiteurs restent rarissimes. Le tableau change radicalement pour les résidents, particulièrement dans certains quartiers populaires, bien éloignés des resorts et des plages privées.
Au final, la République dominicaine n’est ni un paradis sans ombre, ni un gouffre de dangers. La route demande une attention de tous les instants, les frituras aguichent mais ne sont pas sans risque, et le soleil tape fort. Mais pour le reste, le voyageur attentif, curieux et prudent trouvera ici mille raisons de goûter la douceur des Caraïbes. Après tout, chaque destination a ses règles du jeu ; à chacun de choisir comment les apprivoiser.

